Les frontaliers lorrains par secteur d’activité

De 1968 à 2010 : un développement des activités tertiaires plutôt qu’une désindustrialisation

Rétrospectivement, le travail frontalier des Lorrains est un phénomène ancien, que l’on observe nettement dès le recensement de la population française de 1968, année pour laquelle le nombre de navetteurs avoisinait 7 000 personnes. Jusque dans les années 1980, l’Allemagne captait 2 frontaliers sur 3, notamment en raison de la proximité des appareils productifs, mais aussi en raison d’un multilinguisme affirmé en zone frontalière et, d’une façon plus globale, d’une histoire entremêlée de longue date.

L’industrie manufacturière : premier employeur des frontaliers lorrains

Selon la nomenclature des activités économiques en 21 postes, l’industrie manufacturière constitue le principal secteur employeur des frontaliers lorrains en 2017, avec 17,7 % des travailleurs. Dans le détail des industries, c’est en particulier la métallurgie et la fabrication de produits métalliques (hors machine et équipement) qui emploie le plus de frontalier (29,9 %).

S’ensuivent la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d’autres produits minéraux non métalliques (15,6 %), la fabrication de matériels de transport (15,5 %), et la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac (11,9 %). Toujours selon la nomenclature en 21 postes, viennent ensuite le commerce et la réparation automobile (16,0 %), les activités financières et d’assurance (10,4 %), les activités de services administratifs et de soutien (9,3 %) et le secteur de la construction (9,1 %). Ces cinq premiers secteurs regroupent près de 2 frontaliers sur 3 (62,6 %).

En fonction des composantes, le poids de ces cinq secteurs diffère significativement : ils représentent ainsi 79,6 % des emplois en Rhénanie-Palatinat, 71,7 % en Sarre, 61,6 % en Wallonie et 60,4 % au Luxembourg. Dans ces deux derniers territoires, le recours au travail frontalier dans des proportions significatives s’est fait plus récemment que dans les Länder allemands, et les secteurs d’activités concernés sont davantage orientés vers le tertiaire.

Le détail des activités économiques par composantes fait apparaître des profils professionnels distincts :