Les frontaliers atypiques dans la Grande Région

Le phénomène des frontaliers dits « atypiques » gagne en importance dans la mobilité transfrontalière des travailleurs. Les frontaliers atypiques désignent des travailleurs frontaliers qui ont déplacé leur domicile d’une composante de la Grande Région à une autre, mais qui reviennent dans leur ancienne ‘région d’origine’ pour exercer l’activité qu’ils y ont conservée. Ils doivent être distingués des frontaliers typiques qui partent de leur ‘région d’origine’ pour se rendre quotidiennement à leur travail dans le pays étranger voisin. Cette distinction élargit la définition – selon le droit communautaire – en ce qui concerne l’orientation géographique des flux migratoires.

Importance accrue des flux de frontaliers atypiques

L’analyse des flux de frontaliers atypiques sur la base des données actuellement disponibles – qui présentent toujours de nombreuses lacunes – permet de constater que, comme pour les frontaliers typiques, la France en tant que pays de résidence, et le Luxembourg ainsi que la Sarre en tant que régions de travail jouent un rôle particulier dans la dynamique de la mobilité. Au cœur de l’espace de coopération, le phénomène des frontaliers atypiques s’est étendu, pour ce qui est de leur nombre, surtout dans les années 90 à la frontière franco-allemande, ainsi qu’au cours de la dernière décennie à la frontière luxembourgeoise.

Frontaliers atypiques dans la Grande Région en 2019

* secret statistique

Nombre de frontaliers atypiques dans la Grande Région en 2019

Relevé  IBA·OIE | Sources : IGSS / STATEC, BA

  • Le nombre d’Allemands qui vivent en France et travaillent en Sarre atteint en 2019 un total de 4 429 frontaliers. Ils représentent par conséquent 27,3 % de tous les travailleurs frontaliers en provenance de la France. Jusqu’en 2005, le nombre de frontaliers atypiques a augmenté pour atteindre jusqu’à 6 670 personnes au plus fort de sa croissance. Entre 2005 et 2019, ce chiffre a toutefois reculé de 33,6 %. Cette baisse a été aussi plus marquée que chez les frontaliers de nationalité française (- 18,3 % sur la même période). Principalement lors des années 2014 et 2019, la différence a été très nette avec une diminution d’environ 6 % par rapport à l’année précédente. En Rhénanie-Palatinat, c’est en 2009 que le nombre le plus important de frontaliers atypiques de France, soit 1 032 personnes, a été enregistré. Depuis, les reculs ici aussi ont été plus importants chez les frontaliers atypiques que chez les frontaliers entrants de nationalité française. Les frontaliers atypiques, qui sont actuellement au nombre de 710 au total, représentent en Rhénanie-Palatinat un peu plus de 17 % de tous les frontaliers entrants en provenance de la France.
  • Au sein du Grand-Duché, les frontaliers atypiques entrants représentaient en 2019 environ 5 % de tous les migrants journaliers au Luxembourg. Le nombre de frontaliers atypiques de nationalité luxembourgeoise est donc encore relativement faible avec 9 930 personnes. Il a toutefois multiplié par six depuis 1999. 33 % des frontaliers atypiques entrant au Luxembourg vivent en Allemagne, 35 % en Belgique et 31 % en France.